lundi 21 septembre 2009
dimanche 20 septembre 2009
vendredi 11 septembre 2009
mardi 7 juillet 2009
vendredi 3 juillet 2009
jeudi 2 juillet 2009
lundi 22 juin 2009
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jeudi 18 juin 2009
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jeudi 11 juin 2009
mardi 9 juin 2009
lundi 8 juin 2009
mardi 28 avril 2009
Tokyo Sonata by KIYOSHI KUROSAWA
Il est des films discrets, intimistes, mais qui attirent immédiatement le regard et attisent notre curiosité.
Tokyo Sonata est de ceux-là, mettant en abime un couple en déroute habitant dans une rue générique de Tokyo, une famille en voie de décomposition qui peine à refonder ces valeurs qu’elle croyait immuables.
Ozu célébrait les rituels patriarcaux, la figure tutélaire du père.
Avec Tokyo Sonata, Kiyoshi Kurosawa lui en sonne le glas avec distinction, humour et perspicacité.
Au-delà de cette relecture de la trame d’un Home Drama à la Ozu, s’échafaude une formidable réflexion sur l’évolution de la société japonaise, sur ses mutations, ainsi qu’un film aux indéniables qualités plastiques : beauté des panoramiques filés en travelling.
Ombres et lumières, poésie de la mise en scène et du jeu atypique des acteurs.
Parmi tant de scènes à citer : demeure celle où le plus jeune des fils pianote imperturbablement sur un clavier trouvé dans la rue qui jamais ne rendra de son, mais renforcera autant son plaisir que le sentiment de sa vocation.
Scène toute simple, pas édifiante pour un sou mais où sourd l’émotion.
Parallèlement, tout a valeur de parabole dans ce film, les postures, les déclarations de principe, la place du père et des fils et même la maison ; mais les apparences ont tôt fait d’être démontées.
Au fil du récit, les personnages : un père au chômage, son gamin qui tend à la maturité, son autre fils, jeune homme qui prend le parti-pris des États-Unis- ancien ennemi- doivent se perdre pour mieux se retrouver au sein de la communauté familiale ; la femme fait office de rempart contre la dislocation des valeurs ancestrales.
C’est d’ailleurs, sa présence : elle est là devant nous tapie dans l'ombre de sa cuisine, fantôme aux bras ballant tenus le long du corps.
Son apparition clôt le film . Présence renforcée par un travail subtil, aigu de la photographie qui la capte entre chien et loup devant une mer aux vaguelettes dont les mouvements semblent avoir été accélérés.
Un grand, rare et beau film qui surprend et étonne.
Tokyo Sonata est de ceux-là, mettant en abime un couple en déroute habitant dans une rue générique de Tokyo, une famille en voie de décomposition qui peine à refonder ces valeurs qu’elle croyait immuables.
Ozu célébrait les rituels patriarcaux, la figure tutélaire du père.
Avec Tokyo Sonata, Kiyoshi Kurosawa lui en sonne le glas avec distinction, humour et perspicacité.
Au-delà de cette relecture de la trame d’un Home Drama à la Ozu, s’échafaude une formidable réflexion sur l’évolution de la société japonaise, sur ses mutations, ainsi qu’un film aux indéniables qualités plastiques : beauté des panoramiques filés en travelling.
Ombres et lumières, poésie de la mise en scène et du jeu atypique des acteurs.
Parmi tant de scènes à citer : demeure celle où le plus jeune des fils pianote imperturbablement sur un clavier trouvé dans la rue qui jamais ne rendra de son, mais renforcera autant son plaisir que le sentiment de sa vocation.
Scène toute simple, pas édifiante pour un sou mais où sourd l’émotion.
Parallèlement, tout a valeur de parabole dans ce film, les postures, les déclarations de principe, la place du père et des fils et même la maison ; mais les apparences ont tôt fait d’être démontées.
Au fil du récit, les personnages : un père au chômage, son gamin qui tend à la maturité, son autre fils, jeune homme qui prend le parti-pris des États-Unis- ancien ennemi- doivent se perdre pour mieux se retrouver au sein de la communauté familiale ; la femme fait office de rempart contre la dislocation des valeurs ancestrales.
C’est d’ailleurs, sa présence : elle est là devant nous tapie dans l'ombre de sa cuisine, fantôme aux bras ballant tenus le long du corps.
Son apparition clôt le film . Présence renforcée par un travail subtil, aigu de la photographie qui la capte entre chien et loup devant une mer aux vaguelettes dont les mouvements semblent avoir été accélérés.
Un grand, rare et beau film qui surprend et étonne.
jeudi 12 mars 2009
mercredi 11 mars 2009
La Fille du RER (2008), d'André Téchiné, durée 105 mn, sortie le 18 mars 2009.
Résumé :
Jeanne vit dans un pavillon de banlieue avec sa mère Louise. Les deux femmes s'entendent bien. Louise gagne sa vie en gardant des enfants. Jeanne, sans trop de conviction, cherche un emploi.
Un jour, en lisant une annonce sur le net, Louise croit que le destin frappe à sa porte. Elle nourrit l'espoir de faire engager sa fille chez Samuel Bleistein, un avocat de renom qu'elle a connu dans sa jeunesse.
L'univers de Jeanne et celui de Bleistein sont à des années lumières de distance... Pourtant, ils vont se rencontrer à cause d'un mensonge inouï que Jeanne va échafauder.
Le film est l'histoire de ce mensonge qui va devenir le fait divers le plus médiatisé et le plus politisé de ces dernières années.
Nombre de projets passés de Téchiné, ont tenté de cerner, puis d’interroger le rapport de l’intime au collectif alternant récits à la tonalité romanesque, avec des histoires fondées sur une biographie inspirante et inspirée.
Bien que s’inscrivant dans cette recherche, "LA Fille du RER" répond à de nouvelles contraintes d’écriture et de projet.
Son titre d’abord, nous rappelle immédiatement la fameuse histoire dite de la fausse agression du RER dont on a peu à près aujourd’hui oublié le contexte et les dates (événement qui fut l’objet d’un emballement médiatique, étatique disproportionné).
Force est de considérer qu’aujourd’hui nous n’avons retenu de cette histoire fantasque et grotesque -que l’on dit vraie, que l’aspect anecdotique pour ne pas dire trivial d’une « fausse » agression, contredite, réfutée plus tard par un mensonge ; anecdote ou fait-divers monté en épingle et s’achevant en eau de boudin, comme énormément de faits colportés par les médias- traités de manière instantané sans le recul nécessaire à la vérification des preuves et contre-preuves.
Inspiré par une pièce de Jean Marie Besset (RER), le nouveau film d’André Téchiné coécrit avec Odile Barski s’appuie donc sur cette histoire très polémique.
L’intérêt principal du film réside à la fois dans le traitement de cette information déjà quasiment oubliée, presque effacée, mais aussi dans le recyclage « actif » et créatif d’un fait divers qui fournit une matière première propre à générer de la fiction, propre à fonder une esthétique ainsi qu’un film pas seulement intelligent mais sensible,comme envahie de sensorialité.
On retrouve d’ailleurs dans certaines scènes, souvent les aspects solaires des « Roseaux sauvages ».
Je crois que l’important dans "la Fille du RER" n'est pas dans la technicité de son récit, ni dans le fait que ce film interroge notre rapport au mensonge, à l’oubli, à l’amnésie à l’histoire, mais dans la part accordée à l'émotion, à l'ineffable et au sensible
C'était le souhait principal du cinéaste.
Aussi a t'il fait se rencontrer pour notre plaisir une jolie fille rousse, un beau loulou : une histoire d'amour s'est tissée entre les deux....
Pour moi, la leçon de ce film pourrait aussi tenir en trois points : volonté affirmée pour un cinéaste de se confronter au monde dans lequel il évolue, et ce dans toutes ses contradictions.
Volonté de se confronter à un réel aujourd'hui surmédiatisé, irréalisé,tout en s’en distançant par les moyens du cinéma (qui fait aussi écran, qui produit de la distance) ; immobilité dans le mouvement, primauté accordé au visage d’Emilie Dequenne, et aux visages qui portent déjà leurs propres images échappées d'autres films : Deneuve,Blanc, Duvauchelle, Demy.
Dans ce film, le désir malgré les rencontres physiques s’échafaude souvent hors du réel, sur Internet, via les sites de messagerie, s’affranchit de la distance formée par deux écrans interposés, ménageant finalement plus de frustration que de satisfaction.
Brave new world.
Troublante est cette scène de séduction entre nos deux tourtereaux distants mais face à face,suants, à moitié nus devant leurs ordinateurs , enveloppés d’une chaleur moite, et qui jouent, rejouent la carte du tendre, immergés dans ce réel néantisé par la présence de ces écrans, écrans qui portent leurs mots d’amour comme seul témoignage d’une réalité tangible et immédiate.
"Je t’aime, tu m’aimes, quand c'est qu'on se voit ?" rédigés en lettres noires sur fond blanc.
Une très belle idée que de nous remontrer, de mettre en exergue, d'éclairer ce que nous ne voyons même plus tant ces rituels font désormais partie de nos conventions. On a fini par les oublier.
Un amour froid, clinique, vécu à distance, amour frémissant dans le crépitement des claviers.
Les spectateurs reconnaitront aussi leur réel transformé par la télévision, joli prisme déformant qui leur fait souvent confondre réel et représentation ; télévision qui trône là sur son socle dans l’espace domestique d’un pavillon de banlieue mochard mais tapissé de fleurs ; télévision qui montre, présente ces reportages partiaux, aux voix monocordes qui vous expédient un sujet avec le ton de la certitude étriqués en une minute trente
Immobilité dans le mouvement : spectaculaire entrée en matière digne d’ un film futuriste , long travelling avant, décrivant les longues droites, les courbes circulaires formée par les tunnels sombres, par les néons allumés, les quais monumentaux éclairés par des néons , qui jalonnent ces rails du RER ; envoutantes parce qu'insaisissables dans leurs motivations ou leurs buts, demeurent aussi ces promenades , ces errances sans fin, de ces jeunes gens en roller qui semblent tourner pour rien, pure dépense, et qui avalent les rubans de goudron, tout en semblant souscrire à l’écran à une forme d’immobilité telles les figures d’un tableau saisies sur un fond, figées dans leur mouvement par la caméra. Paradoxe.
Primauté accordé au visage de Jeanne Fabre, cette rousse flamboyante aux cheveux teints à la bouche gourmande et boudeuse jouée par Emilie Dequenne, dont la présence physique, le dessin et la stylisation de la coiffure appellent à nous tout le catalogue des héroïnes qui ont déjà prêté leur corps aux images crées par Téchiné (Barocco, Les sœurs Brontë), et peut-etre aussi quelque souvenirs de tableaux quelconques...
En revanche, l'histoire secondaire qui s'emboite si parfaitement dans le premier récit, (malgré la beauté de sa fable) nous laisse un peu sur notre fin (elle appelle à nous tous les clichés d’une Bar Mitsva et d’un contexte juif, planté dans toute sa splendeur ; attachement d’un père à son fils, du père au grand-père...) clichés parfois contournés par un point de vue de cinéaste roué qui sait saisir mieux que personne, les temps morts, les entre-deux...
Cette histoire secondaire bien qu’habilement troussée fait un peu office de pièce rapportée même si elle sous-tend paradoxalement l’ensemble du film, organise les interrelations, contribue à donner du rythme, à aérer la lourdeur de la relation du couple en train de naitre entre un voyou possessif et une jeune fille perdue…
Cependant, on a du mal à adhérer à l’artificialité trop prononcée, presque artificielle, toc de ce second récit vaguement moral, qui irrigue l’histoire d’amour et de mensonge d’une jolie jeune femme un peu folle.
Néanmoins, on demeure fasciné par cette capacité de Téchiné à convoquer le merveilleux, l’onirisme contre le naturalisme.
Jolie scène de la barque noyée sous des trombes d’eaux et de Jeanne marchant sous la pluie.
De la fille du RER, on retiendra l’idée d’une belle histoire d’amour naissante,l'idée d'un film aux couleurs exacerbées comme le désir d'une jeune névrosée qui elle aussi irréalise son monde.
l’idée d’un magnifique portrait filmé d’une jeune femme montée sur roulettes qui erre dans un paysage urbain ceinturé de ponts sombres, de goudron et de béton.
No man’s land uniformément gris, envahi du bruit continu des trains et du Rer qui donne son nom au film.
Film envahi par le continuum de la musique Pop,Rock qu’elle écoute sur son MP3.
Jeanne erre dans sa vie, jusqu’à finir par s’inventer des histoires telle Alice figée devant son miroir...
JLC
Jeanne vit dans un pavillon de banlieue avec sa mère Louise. Les deux femmes s'entendent bien. Louise gagne sa vie en gardant des enfants. Jeanne, sans trop de conviction, cherche un emploi.
Un jour, en lisant une annonce sur le net, Louise croit que le destin frappe à sa porte. Elle nourrit l'espoir de faire engager sa fille chez Samuel Bleistein, un avocat de renom qu'elle a connu dans sa jeunesse.
L'univers de Jeanne et celui de Bleistein sont à des années lumières de distance... Pourtant, ils vont se rencontrer à cause d'un mensonge inouï que Jeanne va échafauder.
Le film est l'histoire de ce mensonge qui va devenir le fait divers le plus médiatisé et le plus politisé de ces dernières années.
Nombre de projets passés de Téchiné, ont tenté de cerner, puis d’interroger le rapport de l’intime au collectif alternant récits à la tonalité romanesque, avec des histoires fondées sur une biographie inspirante et inspirée.
Bien que s’inscrivant dans cette recherche, "LA Fille du RER" répond à de nouvelles contraintes d’écriture et de projet.
Son titre d’abord, nous rappelle immédiatement la fameuse histoire dite de la fausse agression du RER dont on a peu à près aujourd’hui oublié le contexte et les dates (événement qui fut l’objet d’un emballement médiatique, étatique disproportionné).
Force est de considérer qu’aujourd’hui nous n’avons retenu de cette histoire fantasque et grotesque -que l’on dit vraie, que l’aspect anecdotique pour ne pas dire trivial d’une « fausse » agression, contredite, réfutée plus tard par un mensonge ; anecdote ou fait-divers monté en épingle et s’achevant en eau de boudin, comme énormément de faits colportés par les médias- traités de manière instantané sans le recul nécessaire à la vérification des preuves et contre-preuves.
Inspiré par une pièce de Jean Marie Besset (RER), le nouveau film d’André Téchiné coécrit avec Odile Barski s’appuie donc sur cette histoire très polémique.
L’intérêt principal du film réside à la fois dans le traitement de cette information déjà quasiment oubliée, presque effacée, mais aussi dans le recyclage « actif » et créatif d’un fait divers qui fournit une matière première propre à générer de la fiction, propre à fonder une esthétique ainsi qu’un film pas seulement intelligent mais sensible,comme envahie de sensorialité.
On retrouve d’ailleurs dans certaines scènes, souvent les aspects solaires des « Roseaux sauvages ».
Je crois que l’important dans "la Fille du RER" n'est pas dans la technicité de son récit, ni dans le fait que ce film interroge notre rapport au mensonge, à l’oubli, à l’amnésie à l’histoire, mais dans la part accordée à l'émotion, à l'ineffable et au sensible
C'était le souhait principal du cinéaste.
Aussi a t'il fait se rencontrer pour notre plaisir une jolie fille rousse, un beau loulou : une histoire d'amour s'est tissée entre les deux....
Pour moi, la leçon de ce film pourrait aussi tenir en trois points : volonté affirmée pour un cinéaste de se confronter au monde dans lequel il évolue, et ce dans toutes ses contradictions.
Volonté de se confronter à un réel aujourd'hui surmédiatisé, irréalisé,tout en s’en distançant par les moyens du cinéma (qui fait aussi écran, qui produit de la distance) ; immobilité dans le mouvement, primauté accordé au visage d’Emilie Dequenne, et aux visages qui portent déjà leurs propres images échappées d'autres films : Deneuve,Blanc, Duvauchelle, Demy.
Dans ce film, le désir malgré les rencontres physiques s’échafaude souvent hors du réel, sur Internet, via les sites de messagerie, s’affranchit de la distance formée par deux écrans interposés, ménageant finalement plus de frustration que de satisfaction.
Brave new world.
Troublante est cette scène de séduction entre nos deux tourtereaux distants mais face à face,suants, à moitié nus devant leurs ordinateurs , enveloppés d’une chaleur moite, et qui jouent, rejouent la carte du tendre, immergés dans ce réel néantisé par la présence de ces écrans, écrans qui portent leurs mots d’amour comme seul témoignage d’une réalité tangible et immédiate.
"Je t’aime, tu m’aimes, quand c'est qu'on se voit ?" rédigés en lettres noires sur fond blanc.
Une très belle idée que de nous remontrer, de mettre en exergue, d'éclairer ce que nous ne voyons même plus tant ces rituels font désormais partie de nos conventions. On a fini par les oublier.
Un amour froid, clinique, vécu à distance, amour frémissant dans le crépitement des claviers.
Les spectateurs reconnaitront aussi leur réel transformé par la télévision, joli prisme déformant qui leur fait souvent confondre réel et représentation ; télévision qui trône là sur son socle dans l’espace domestique d’un pavillon de banlieue mochard mais tapissé de fleurs ; télévision qui montre, présente ces reportages partiaux, aux voix monocordes qui vous expédient un sujet avec le ton de la certitude étriqués en une minute trente
Immobilité dans le mouvement : spectaculaire entrée en matière digne d’ un film futuriste , long travelling avant, décrivant les longues droites, les courbes circulaires formée par les tunnels sombres, par les néons allumés, les quais monumentaux éclairés par des néons , qui jalonnent ces rails du RER ; envoutantes parce qu'insaisissables dans leurs motivations ou leurs buts, demeurent aussi ces promenades , ces errances sans fin, de ces jeunes gens en roller qui semblent tourner pour rien, pure dépense, et qui avalent les rubans de goudron, tout en semblant souscrire à l’écran à une forme d’immobilité telles les figures d’un tableau saisies sur un fond, figées dans leur mouvement par la caméra. Paradoxe.
Primauté accordé au visage de Jeanne Fabre, cette rousse flamboyante aux cheveux teints à la bouche gourmande et boudeuse jouée par Emilie Dequenne, dont la présence physique, le dessin et la stylisation de la coiffure appellent à nous tout le catalogue des héroïnes qui ont déjà prêté leur corps aux images crées par Téchiné (Barocco, Les sœurs Brontë), et peut-etre aussi quelque souvenirs de tableaux quelconques...
En revanche, l'histoire secondaire qui s'emboite si parfaitement dans le premier récit, (malgré la beauté de sa fable) nous laisse un peu sur notre fin (elle appelle à nous tous les clichés d’une Bar Mitsva et d’un contexte juif, planté dans toute sa splendeur ; attachement d’un père à son fils, du père au grand-père...) clichés parfois contournés par un point de vue de cinéaste roué qui sait saisir mieux que personne, les temps morts, les entre-deux...
Cette histoire secondaire bien qu’habilement troussée fait un peu office de pièce rapportée même si elle sous-tend paradoxalement l’ensemble du film, organise les interrelations, contribue à donner du rythme, à aérer la lourdeur de la relation du couple en train de naitre entre un voyou possessif et une jeune fille perdue…
Cependant, on a du mal à adhérer à l’artificialité trop prononcée, presque artificielle, toc de ce second récit vaguement moral, qui irrigue l’histoire d’amour et de mensonge d’une jolie jeune femme un peu folle.
Néanmoins, on demeure fasciné par cette capacité de Téchiné à convoquer le merveilleux, l’onirisme contre le naturalisme.
Jolie scène de la barque noyée sous des trombes d’eaux et de Jeanne marchant sous la pluie.
De la fille du RER, on retiendra l’idée d’une belle histoire d’amour naissante,l'idée d'un film aux couleurs exacerbées comme le désir d'une jeune névrosée qui elle aussi irréalise son monde.
l’idée d’un magnifique portrait filmé d’une jeune femme montée sur roulettes qui erre dans un paysage urbain ceinturé de ponts sombres, de goudron et de béton.
No man’s land uniformément gris, envahi du bruit continu des trains et du Rer qui donne son nom au film.
Film envahi par le continuum de la musique Pop,Rock qu’elle écoute sur son MP3.
Jeanne erre dans sa vie, jusqu’à finir par s’inventer des histoires telle Alice figée devant son miroir...
JLC
samedi 21 février 2009
mercredi 14 janvier 2009
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lundi 27 octobre 2008
mardi 21 octobre 2008
LE PETIT MONSIEUR AVEC LA COUPE AU BOL- EXTRAIT DE COURTS RECITS
La vie des êtres, leur existence peuvent s’avérer parfois aux yeux de leurs prochains, mystérieuse sinon inquiétante, formée d’apparitions, de réapparitions et de brusques disparitions, aussi invisibles et impalpables que la soie d’une araignée.
L’exemple de ce petit monsieur qui paraissait presque sans âge et qui croisait souvent ma route en est un bon exemple .
S'il m'avait fallu vous le décrire, je vous l'aurais décrit ainsi : c'était un homme de taille moyenne avec de très grands yeux souvent écarquillés qui saillaient sous des arcades sourcilières sans cils, sa tête était oblongue telle celle d'un poisson un peu jaune, posée sur son buste large et épais au ventre proéminent et tombant hors de son pantalon de velours jaune ou vert.
Notre homme portait des petits gilets colorés, bariolés des vêtements tout aussi excentriques, une espèce de perruque jaune couleur paille.
Je me souviens de sa voix qui disait très lentement avec un accent américain accompagnant sa phrase de gestes filés et suspendus tels ceux d’un automate : « Ho, vous savez Madame, je ne sais pas pourquoi mais ils finissent tous par partir, ici les locataires, personne ne reste ».
Je revois avec exactitude, son corps étrange, mou un peu coincé, se déplaçant avec gêne et difficultés dans l’encadrement de la porte de son appartement.
Je n’avais pas compris encore que c’était peut-être de lui qu’il parlait, quand il parlait de « départ ».
Je l’ai croisé deux ou trois fois et j’ignorais toujours son nom et l’ignore toujours d’ailleurs.
Je l’ai toujours appelé « le petit monsieur avec la coupe au bol » et on se disait bonjour bonsoir.
Il marchait traînant par une laisse trop longue un chien minuscule genre pinscher que son ami, (parce qu’il avait un ami) avait dû faire peindre en rose, ou bien un autre chien plus massif, je le vois encore marcher le long d’une route droite, tourner à un angle et puis disparaître derrière une de ces cabines de téléphone qui commençaient à être démantelées.
Un jour, une semaine, passa, des mois, puis je ne le revis plus, mais plus du tout.
Sans jamais le connaître, je m’étais dit qu’il était parti en voyage, car ça lui arrivait souvent de disparaître soudainement, et qu’il devait être magicien ou exercer une profession liée au music-hall ou au spectacle.
Sa silhouette, son excentricité, sa gestuelle, tout vraiment tout attestait de cette vocation.
Or, apparemment, il n’en était rien, mais je ne fais que supposer.
L’accent américain à lui seul et cette gestuelle auraient pu corroborer mes présomptions, mais je ne suis pas détective, juste un réalisateur qui cherche de nouveaux sujets et des acteurs ou interprètes potentiels, je m’en tiens à leurs voix, et à leurs apparences, à leurs mouvements à leur gestuelle, à leurs postures et du reste, je ne se me mêle pas de la vie des êtres, je m’efforce juste d’un peu de les comprendre quand cela m’est possible de les comprendre, d’observer leur quotidien, de les écouter parce que c’est mon métier, de regarder leur vie passer comme passe la mienne avec douceur et aménité dans une sorte de brouillard qui s’apparente à un rêve.
Parfois dans ma vie, les souvenirs prennent le pas sur ce qui a été en réalité.
C’est le cas peut-être ici.
En imagination, je revois donc ce petit monsieur à la tête oblongue de poisson, avec cette coupe au bol, marcher à l’infini, comme suspendu au dessus de l'eau, marcher encore sur une route très droite, puis tourner à un angle et disparaître définitivement.
"Plop !" comme une bulle de savon.
Il aura fallu que je sois avec des amis pour que parlant de cet homme qu’eux aussi avaient un jour croisé dans leur quotidien, pour apprendre qu’il était définitivement mort.
Soudainement, j’ai été pris d’une vive émotion, en pensant que jamais plus je ne le reverrai cet homme mystérieux qui promenait son chien en journée; homme qui parlait à ses voisins avec cet accent que je pourrais qualifier de new-yorkais, espèce de magicien, aux longs gestes filés d’automate que je prenais pour un prestidigitateur.
L’exemple de ce petit monsieur qui paraissait presque sans âge et qui croisait souvent ma route en est un bon exemple .
S'il m'avait fallu vous le décrire, je vous l'aurais décrit ainsi : c'était un homme de taille moyenne avec de très grands yeux souvent écarquillés qui saillaient sous des arcades sourcilières sans cils, sa tête était oblongue telle celle d'un poisson un peu jaune, posée sur son buste large et épais au ventre proéminent et tombant hors de son pantalon de velours jaune ou vert.
Notre homme portait des petits gilets colorés, bariolés des vêtements tout aussi excentriques, une espèce de perruque jaune couleur paille.
Je me souviens de sa voix qui disait très lentement avec un accent américain accompagnant sa phrase de gestes filés et suspendus tels ceux d’un automate : « Ho, vous savez Madame, je ne sais pas pourquoi mais ils finissent tous par partir, ici les locataires, personne ne reste ».
Je revois avec exactitude, son corps étrange, mou un peu coincé, se déplaçant avec gêne et difficultés dans l’encadrement de la porte de son appartement.
Je n’avais pas compris encore que c’était peut-être de lui qu’il parlait, quand il parlait de « départ ».
Je l’ai croisé deux ou trois fois et j’ignorais toujours son nom et l’ignore toujours d’ailleurs.
Je l’ai toujours appelé « le petit monsieur avec la coupe au bol » et on se disait bonjour bonsoir.
Il marchait traînant par une laisse trop longue un chien minuscule genre pinscher que son ami, (parce qu’il avait un ami) avait dû faire peindre en rose, ou bien un autre chien plus massif, je le vois encore marcher le long d’une route droite, tourner à un angle et puis disparaître derrière une de ces cabines de téléphone qui commençaient à être démantelées.
Un jour, une semaine, passa, des mois, puis je ne le revis plus, mais plus du tout.
Sans jamais le connaître, je m’étais dit qu’il était parti en voyage, car ça lui arrivait souvent de disparaître soudainement, et qu’il devait être magicien ou exercer une profession liée au music-hall ou au spectacle.
Sa silhouette, son excentricité, sa gestuelle, tout vraiment tout attestait de cette vocation.
Or, apparemment, il n’en était rien, mais je ne fais que supposer.
L’accent américain à lui seul et cette gestuelle auraient pu corroborer mes présomptions, mais je ne suis pas détective, juste un réalisateur qui cherche de nouveaux sujets et des acteurs ou interprètes potentiels, je m’en tiens à leurs voix, et à leurs apparences, à leurs mouvements à leur gestuelle, à leurs postures et du reste, je ne se me mêle pas de la vie des êtres, je m’efforce juste d’un peu de les comprendre quand cela m’est possible de les comprendre, d’observer leur quotidien, de les écouter parce que c’est mon métier, de regarder leur vie passer comme passe la mienne avec douceur et aménité dans une sorte de brouillard qui s’apparente à un rêve.
Parfois dans ma vie, les souvenirs prennent le pas sur ce qui a été en réalité.
C’est le cas peut-être ici.
En imagination, je revois donc ce petit monsieur à la tête oblongue de poisson, avec cette coupe au bol, marcher à l’infini, comme suspendu au dessus de l'eau, marcher encore sur une route très droite, puis tourner à un angle et disparaître définitivement.
"Plop !" comme une bulle de savon.
Il aura fallu que je sois avec des amis pour que parlant de cet homme qu’eux aussi avaient un jour croisé dans leur quotidien, pour apprendre qu’il était définitivement mort.
Soudainement, j’ai été pris d’une vive émotion, en pensant que jamais plus je ne le reverrai cet homme mystérieux qui promenait son chien en journée; homme qui parlait à ses voisins avec cet accent que je pourrais qualifier de new-yorkais, espèce de magicien, aux longs gestes filés d’automate que je prenais pour un prestidigitateur.
dimanche 19 octobre 2008
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dimanche 14 septembre 2008
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jeudi 11 septembre 2008
mercredi 10 septembre 2008
Christophe Colomb, l'énigme de Manoel De Oliveira
Prochainement, je vais aller voir ce film : le dernier sorti de Manuel de Oliveira qui vient d'avoir cent ans.
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